
Une fois n’est pas coutume, je vais présenter un restaurant qui ne m’a pas totalement convaincue… Qui n’a pas entendu parler du haut-lieu de la branchitude Parisienne, le Mama Shelter ? Leur site Internet est déjà un bon avant-goût de ce qui vous y attend (http://www.mamashelter.com). Mon mari et moi avons décidé d’aller y diner un soir, histoire de nous faire notre petite idée.
Premier point moyen, cet hôtel restaurant est situé au milieu de nulle part, dans un coin un peu paumé du 20ème arrondissement. Vous me direz, c’est chouette pour le quartier. C’est vrai, mais c’est un peu un trekking pour les autres. Bref, c’est le genre d’adresse où on ne va pas vraiment par hasard, il faut être un minimum motivé.
Quand on arrive sur les lieux, il faut l’avouer, on sent un certain dépaysement. Il y a une vraie énergie, ça vibre et ça pétille, on retrouve presque l’atmosphère vivifiante des soirées New Yorkaises. A ceci près qu’il faut attendre quelques bonnes minutes qu’une hôtesse affairée veule bien remarquer votre présence et prendre le temps de vous amener à votre table. Première pointe de snobisme des ces endroits trop branchés où le client est plus mendiant que roi…
Enfin installés ! Je parcours la vaste salle du regard. Déco par Starck, relativement réussie même si le plafond hyper bas, couvert d’ardoise noire pleine de graffitis façon tableau d’école, me rend un tantinet claustro. L’espace est plutôt bien organisé, de façon à créer des coins presque intimes grâce à l’utilisation de canapés moelleux et de petites lampes qui diffusent une lumière chaleureuse et tamisée. Le centre névralgique du lieu c’est le grand bar carré où la clientèle hype sirote cocktails à la mode et coupettes festives en riant fort, le niveau sonore poussant à la surenchère.
J’arrive enfin au nerf de la guerre, la nourriture. La carte est inspirée par Alain Senderens, et sur le papier ça a l’air plutôt pas mal, dans le style « classiques revisités ». Personnellement, j’ai été vraiment déçue par mon diner. J’ai commencé par une salade de poulet croustillant, concombre et sésame. Belle portion, servie dans un grand plat un peu étonnant. Premières bouchées, oui ça a plutôt bon goût, la sauce est bien crémeuse. Trois bouchées plus tard, ça devient écœurant là. Verdict : beaucoup trop de sauce blanche, ça baigne dedans et c’est dommage. On passe à la suite. En ce qui me concerne ça se dégrade encore : saumon snacké, légumes et vermicelles chinois. J’ai rarement eu affaire à un plat aussi banal, sans saveur ni intérêt. Assez hallucinant. Mon mari lui, a gouté la cocotte de coquillettes, jambon mostellos et œuf mollet. C’était meilleur, le bon plat réconfortant, mais pareil, on frise l’écœurement au bout de quelques coups de fourchette. Le service était gentil mais vraiment longuet et chaotique, le volume sonore assourdissant, on a donc zappé les desserts et réglé notre addition non négligeable. Je ne pense pas que l’on retraversera Paris…
Trois bémols:
1/ mon amie bloggeuse (www.mesimpostures.com) et reine des brunchs parisiens m’assure que leur brunch est plutôt réussi. Et je lui dédicace mon utilisation du verbe « siroter » ! ;)
2/ une autre source de confiance promet que l’autre resto du Mama Shelter, la pizzeria à grande table communale, est plutôt chouette et que les pizzas sont bonnes. A voir donc.
3/Parait que la terrasse vaut le détour aux beaux jours.
Mama Shelter, 109 rue de Bagnolet, Paris 20ème. Tèl.: 01 43 48 45 45.